Le frein du bus a sifflé devant la gare routière d’Arles, et j’ai serré ma montre contre ma paume. Depuis du côté d’Angers, je suis parti 1 h 50 vers les Saintes-Maries-de-la-Mer pour tester un aller-retour dans la journée, avec un billet à 3 euros en tête. J’ai été convaincu de tenter le bus, puis j’ai voulu voir ce que donnait le covoiturage à la minute près.
Comment je me suis organisé pour mesurer tout ça en conditions réelles
En tant que Rédacteur indépendant spécialisé en transition écologique pour médias locaux, j’ai monté ce test sur trois trajets. J’ai roulé un mardi à 8 h 12, un jeudi à 14 h 06, puis un samedi à 17 h 18. Le ciel était clair sur le premier départ, gris et un peu lourd sur le second, puis j’ai eu un vent sec en fin de journée sur le troisième.
J’ai pris ma montre chronomètre, l’application GPS de mon téléphone et un carnet plié dans la poche. Avec mon covoitureur, j’ai comparé nos horloges au départ, puis à l’arrivée, et j’ai noté le temps passé à chercher une place. J’ai aussi marqué chaque arrêt du bus, parce que je voulais distinguer le roulage pur du temps mangé par les pauses.
Je voulais mesurer trois choses très simples. J’ai compté le temps perdu à chaque arrêt, le temps total porte à porte, et les minutes avalées par le stationnement en covoiturage. J’ai été frappé par un détail que je soupçonnais sans l’avoir vraiment chiffré : les secondes de reprise pèsent plus que la distance.
En 12 ans de pratique rédactionnelle, j’ai appris à noter les conditions avant de tirer une conclusion. Mon Master en Sciences de l’Environnement (Université d’Angers, 2008) m’a aussi donné ce réflexe de terrain, très simple, presque scolaire. À la maison, avec mes deux enfants de 7 et 10 ans, je vois bien qu’un quart d’heure change une sortie entière, donc j’ai cherché un protocole propre et reproductible.
Le jour où j’ai compris que le bus perdait plus de temps qu’on ne croit
Sur le premier trajet, j’ai compté cinq arrêts sur 10,4 km. J’étais sûr de moi au départ, parce que la carte semblait courte, presque directe. Puis j’ai senti le rythme casser à chaque village, avec ce petit coup de frein qui revient, encore et encore.
À chaque arrêt, j’ai chronométré la montée, la validation et la reprise. J’ai relevé 1 minute 18 à un arrêt, 34 secondes de validation à un autre, puis 41 secondes pour repartir avant le prochain ralentissement. Ce n’est pas énorme à chaque fois, mais l’addition m’a sauté au visage.
L’horaire affiché annonçait 1 h 12. J’ai, moi, pointé 1 h 37 à l’arrivée. Je me suis retrouvé devant l’horloge de fin de parcours avec 25 minutes de retard sur le temps théorique, et je me suis dit que la distance ne disait pas grand-chose à elle seule.
Le pire moment est venu quand un passager a eu besoin d’aide pour descendre. Le bus s’est arrêté plus longtemps que prévu, et j’ai vu le chrono partir à la dérive pendant 6 minutes. J’ai alors compris que le vrai coût du trajet se jouait dans ces micro-bloquages, pas dans la ligne droite.
Ce n’est pas la distance qui m’a ralenti, mais ces micro-arrêts répétés où le bus semble ne jamais vraiment repartir. J’ai eu cette sensation très nette en regardant les mêmes champs défiler, puis disparaître derrière un nouveau freinage. Pas terrible. Vraiment pas terrible.
Ce que j’ai constaté quand mon covoitureur cherchait une place aux saintes-maries
Sur le trajet en covoiturage, j’ai trouvé la route plus fluide jusqu’à l’entrée du village. J’ai roulé 49 minutes sur un départ calme, et j’ai senti tout de suite une avance nette sur le bus. Dès qu’on a quitté la nationale, le rythme a changé, avec une montée progressive de la pression autour du centre.
Je me suis retrouvé à regarder les rues étroites pendant que mon covoitureur tournait déjà une deuxième fois. Les parkings affichaient complet, et j’ai vu le volant corriger sans arrêt, puis revenir au point de départ. J’ai noté 8 minutes de boucle sur un trajet, juste pour trouver une place libre.
Sur un autre retour, la route a pris 52 minutes, puis le stationnement 14 minutes . Le gain de temps sur la chaussée a presque disparu dès l’approche des Saintes-Maries, parce que la recherche de parking a rallongé la durée totale. J’ai compris, un peu tard je l’avoue, que le dernier kilomètre avale vite l’avantage gagné en roulant.
Je n’ai pas poussé ce test comme une étude saisonnière complète, parce que je n’ai que mes trois relevés et pas un mois entier d’observation. J’ai quand même mis mes notes en regard avec les repères de l’Agence de la Transition Écologique (ADEME) sur les trajets du quotidien, et j’ai retrouvé la même idée simple : l’horaire pèse autant que le mode. Pour la pression touristique précise d’un jour donné, je m’arrête là.
On croit avoir fini le trajet quand on quitte la route, mais c’est plusieurs fois là que commence le vrai test contre la montre. J’ai vu cette phrase prendre forme à l’entrée du village, quand les ralentissements ont cassé le rythme du covoiturage. Je suis rentré avec l’impression que l’arrivée comptait presque autant que le départ.
| trajet | bus | covoiturage | temps perdu au stationnement |
|---|---|---|---|
| 1 | 1 h 37 | 49 min | 8 min |
| 2 | 1 h 22 | 52 min | 14 min |
| 3 | 1 h 44 | 1 h 07 | 11 min |
Mon verdict après ces trois trajets : ce qui marche, ce qui coince vraiment
Sur mes trois relevés, j’ai vu le bus osciller entre 1 h 22 et 1 h 44, selon l’heure et les arrêts. J’ai vu le covoiturage rester plus direct avec 49 minutes et 52 minutes quand la circulation respirait, puis grimper à 1 h 07 quand l’entrée du village s’est chargée. L’écart entre les deux modes a bougé de 20 à 40 minutes, et je l’ai trouvé très dépendant du créneau.
Quand je pars avec mes deux enfants, j’ai moins de marge que sur un test seul avec ma montre. Dix minutes de parking, chez nous, changent un goûter, un arrêt toilettes ou un passage à la plage. C’est là que j’ai compris que le temps de trajet ne se lit pas seulement sur une carte, mais dans tout ce qui vient après.
Je ne mesure pas ici le stress sur le corps ni l’effet sur le sommeil, et là je reste à ma place. Pour ce versant-là, je laisse le sujet à un professionnel de santé, pas à mon chrono. Mon travail de Rédacteur indépendant spécialisé en transition écologique pour médias locaux m’a appris à garder cette frontière nette.
Dans mes relevés, le bus garde du sens quand je veux éviter la voiture et que je vise un trajet simple dans la journée, avec un billet à 3 euros. Le covoiturage m’a paru meilleur quand je pars hors pointe, parce que la route se fait d’un trait. Pour quelqu’un qui accepte de partir plus tôt en saison, le jeu change déjà beaucoup.
J’ai aussi regardé d’autres pistes, sans les pousser loin. Le vélo électrique me paraît plausible sur certains usages, mais pas sur ce test précis, et je pense aussi aux navettes saisonnières quand elles existent. Sur cette liaison Arles-Saintes-Maries, mon verdict reste simple : je choisis le bus pour le prix et le covoiturage pour la vitesse, mais je ne me fie jamais au seul temps affiché.


