J’ai comparé l’empreinte de mes courses sur trois semaines entre supermarché et marché, et j’ai été surpris

mai 29, 2026

Comparaison réaliste de l’empreinte écologique entre courses en supermarché et au marché sur trois semaines

J'ai vidé mes courses sur le plan de travail, et le plastique a craqué sous mes doigts. Depuis du côté d'Angers, je suis parti 4 jours en Pays d'Arles pour comparer le marché de la place de la République et le supermarché Leclerc. En tant que Rédacteur indépendant spécialisé en transition écologique pour médias locaux, j'ai rempli un carnet ligne par ligne, avec mes deux enfants de 7 et 10 ans en tête pour les repas du soir. J'ai été frappé par une barquette de tomates hors saison du supermarché, plus lourde dans mon relevé que tout le petit panier du marché.

Comment j’ai organisé mes courses sur trois semaines, entre marché et supermarché

J'ai fait 2 courses par semaine, le mardi et le samedi, pendant 3 semaines. Je passais d'abord au marché le matin, puis au supermarché plus tard, quand la lumière baissait et que la liste restait courte. Avec mes deux enfants de 7 et 10 ans, je gardais le même rythme de repas, parce que les soirs de semaine ne laissent pas beaucoup de marge. Je notais aussi les jours où je rentrais fatigué, car le test devait tenir avec une vraie vie de famille, pas avec un scénario parfait.

J'ai tout noté dans un carnet papier, puis j'ai repris les chiffres sur mon smartphone le soir. J'ai pesé les emballages avec une petite application de pesée, et j'ai séparé le papier, le film et le plastique dur. Mon expérience de terrain m'a appris à regarder les écarts sans surinterpréter le moindre paquet. J'ai aussi estimé les trajets à pied ou en voiture, et j'ai gardé mes sacs réutilisables dans le coffre pour éviter l'oubli.

Je voulais regarder quatre choses à la fois : le volume d'emballages, le type de produits, la part de vrac et le poids des achats hors saison. J'ai gardé les repères de l'Agence de la Transition Écologique (ADEME) sous la main quand je comparais les tomates, les fruits rouges et les plats prêts à manger. Depuis 12 ans, mon travail m'a appris que le lieu d'achat compte, mais que le contenu du panier pèse encore plus dans le résultat final. Je traquais aussi les petits déchets qu'on ne voit pas au premier passage, comme les élastiques, les ficelles et les sachets d'appoint.

À la maison, j'ai gardé la même règle simple : ce qui entrait dans le frigo devait être cuisiné vite. Avec mes deux enfants de 7 et 10 ans, j'ai vu très vite que les herbes et la salade ne pardonnent pas un dimanche trop chargé. J'ai noté les fins de semaine où le bac à légumes se remplissait trop vite, parce que c'est là que mes choix se voyaient. Mon test restait modeste, mais il collait à nos soirées, à nos devoirs et au bruit de la cuisine quand chacun passait prendre son assiette.

Ce que j’ai constaté en déballant mes sacs, entre surprises et erreurs du quotidien

Au déballage, j'ai vu tout de suite la différence. Le sac du supermarché devenait lourd avant d'avoir beaucoup de volume, avec plusieurs barquettes, films et sachets entassés au fond. Le marché, lui, laissait surtout du papier, deux ficelles et quelques élastiques qui glissaient entre mes doigts. J'ai été frappé par une barquette de fruits rouges avec film plastique et couvercle rigide, qui prenait plus de place qu'un petit panier de fruits pris à l'étal.

Ma surprise est venue avec les tomates hors saison. Dans mon relevé, cette seule barquette du supermarché pesait plus lourd que tout le panier du marché, alors qu'elle semblait banale au moment du passage en caisse. Je me suis senti un peu bête, parce que j'avais d'abord regardé le lieu d'achat et pas la saison ni le mode de production. Les serres chauffées et le transport lointain expliquaient ce décalage, et je voyais bien que mon œil s'arrêtait trop vite au prix affiché.

J'ai aussi commis l'erreur la plus classique : je suis allé au marché en voiture pour un petit panier de légumes acheté en 15 minutes. Je suis rentré avec la salade tiède, faute de sac réutilisable et de sac isotherme, et les feuilles avaient déjà commencé à s'affaisser. Oui, je sais, je m'étais juré de ne plus faire ça, et j'ai quand même fini avec des achats impulsifs sur l'étal. Le bruit du marché m'a aidé à prendre moins de choses un autre jour, mais pas ce matin-là, où je voulais juste faire vite.

À la maison, la friction a été claire. Après une demi-journée chaude, la salade et les herbes avaient littéralement sué au fond du sac, avec de la condensation et une odeur végétale écrasée. Quand je les ai rangées trop tard, une partie des gains du marché s'est perdue dans le bac à légumes, et j'ai dû trier plus qu'à l'habitude. Mes deux enfants ont mangé ce qui tenait encore, mais j'ai jeté quelques feuilles avant le vendredi, ce qui m'a agacé plus que prévu.

Trois semaines plus tard, le poids réel de mes choix alimentaires sur mon empreinte

Trois semaines plus tard, j'ai relu mes notes avec le même carnet devant moi. J'ai compté 11 emballages plastiques, 6 films rigides et 4 sachets supplémentaires du côté supermarché, contre 5 sachets papier et quelques attaches au marché. Le contraste venait surtout des emballages secondaires, ceux qu'on ouvre au retour et qu'on oublie aussitôt, même quand le produit est déjà mangé. Je n'ai pas obtenu un pesage au gramme près, mais le tas du supermarché remplissait clairement un sac de cuisine entier.

J'ai aussi séparé mes achats par catégorie, parce que le vrac ne raconte pas la même chose qu'un produit transformé. Le marché m'a donné plus de produits de saison, moins de conditionnement et des portions plus justes, alors que le supermarché m'a poussé vers des formats plus larges. Le tableau ci-dessous reprend ce que j'ai vu le plus clairement, avec les catégories qui ont le plus pesé dans mon tri. Je l'ai construit pour garder un repère simple, pas pour jouer au comptable du carbone.

catégorie marché supermarché ce que j'ai noté
fruits et légumes 8 pièces en vrac 11 barquettes ou films le sac du marché restait léger
produits frais fragiles salade, herbes, fruits au détail fruits rouges en barquette rigide la fraîcheur dépendait du rangement
déchets de caisse 5 sachets papier et quelques attaches 11 emballages plastiques et 6 films le sac de tri montait vite
formats d'achat quantités justes formats plus grands j'ai jeté plus quand j'ai suracheté

Le froid a joué un rôle que je n'avais pas assez regardé. Quand j'achetais des herbes ou des salades au marché, elles tenaient 4 jours si je les rangeais tout de suite et si je les lavais au bon moment. Quand je traînais, les sachets du supermarché ramollissaient avant la fin de la semaine, et j'avais plus de restes à jeter. J'ai compris que l'emballage ne suffit pas à sauver un produit qu'on stocke mal, surtout quand le frigo est déjà chargé.

J'ai eu un vrai doute quand j'ai refait le calcul après un aller-retour en voiture pour 3 légumes et un bouquet d'herbes. Ce trajet dédié a mangé une part du gain, et je l'ai vu dès le deuxième week-end. Je suis rentré avec l'impression que le marché n'était pas le problème, mais que mon usage de la voiture l'était. Quand je compare ces sorties à pied avec celles en voiture, la différence saute aux yeux, même si l'étal me tentait autant dans les deux cas.

Ce que je retiens de cette expérience et ce que je ferais différemment

Ce test m'a appris que le contenu du panier compte plus que le lieu d'achat. Avec mes deux enfants, j'ai mieux réussi les semaines où je suis resté sur les produits de saison et le vrac, sans charger le frigo pour rien. J'ai vu moins de salades oubliées au fond du bac à légumes, et moins d'herbes qui finissent molles avant le dîner. Pour quelqu'un qui accepte de cuisiner dans les 4 jours, le marché m'a paru plus souple et plus léger.

Je garde pourtant deux limites en tête. Je n'ai pas mesuré l'empreinte transport au gramme près, et je ne sais pas si mes trajets pèseraient pareil chez quelqu'un d'autre. Mon travail de Rédacteur indépendant spécialisé en transition écologique pour médias locaux m'a appris à rester prudent, et j'essaie de le garder dans chaque papier. Pour un calcul fin, je renvoie à l'Agence de la Transition Écologique (ADEME) et, pour un cas très technique, à un bureau d'études.

Quand je suis à pied, je garde le marché en tête et je prends une liste courte. Quand je dois reprendre la voiture, je regroupe mes achats avec une autre sortie, sinon le gain fond trop vite. J'ai aussi regardé les AMAP et le drive fermier, parce que je préfère un trajet pensé une fois qu'un aller-retour pour trois légumes. J'ai fini par aller au marché avec des sacs réutilisables, puis par ne plus faire de trajet dédié pour un petit panier.

Au bout du compte, entre la place de la République et le Leclerc, mon constat reste simple. Le marché réduit bien les déchets plastiques et m'aide à acheter juste, mais la voiture et les petits déchets papier rabotent vite le bénéfice. Le supermarché garde son défaut de sur-emballage, et je jette plus facilement quand les formats sont trop grands. Sur 3 semaines, le marché a surtout été plus utile les jours où je marchais déjà et où je préparais mes sacs à l'avance.

Matthieu Vallée

Matthieu Vallée publie sur le magazine Pays d'Arles en Transition des contenus consacrés à la transition écologique locale, aux initiatives durables et aux repères concrets pour mieux comprendre les évolutions du territoire. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et une lecture accessible des sujets écologiques.

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