Ce que je n’avais pas anticipé avec le vélo électrique sur Arles-Tarascon

mai 26, 2026

Cyclistes entre Arles et Tarascon, le vélo électrique facilite les liaisons plus que le vélo musculaire

Le vélo électrique vibrait à peine sous mes mains, et le vent me poussait déjà sur la route d’Arles. Depuis du côté d'Angers, je suis parti 2 heures en direction d'Arles-Tarascon pour ce premier trajet sur la liaison Arles-Tarascon avec un vélo électrique. En tant que Rédacteur indépendant spécialisé en transition écologique pour médias locaux, j'ai voulu voir ce que le VAE changeait vraiment. Ce matin-là, alors que je m’attendais à une galère habituelle, j’ai ressenti une étrange tranquillité d’esprit qui m’a surpris. Je vais surtout montrer ce que ce trajet change concrètement, et dans quels cas il devient moins pertinent.

Pourquoi je me suis tourné vers le vélo électrique plutôt que le musculaire

À la maison, avec mes deux enfants de 7 et 10 ans, mes journées démarrent vite et finissent rarement en ligne droite. Je n’avais pas envie d’ajouter un trajet qui me vide avant même le reste. Depuis mes années comme Rédacteur indépendant spécialisé en transition écologique pour médias locaux, je sais que la régularité pèse plus que les grandes intentions. Mon Master en Sciences de l'Environnement (Université d'Angers, 2008) m'a aussi appris à regarder l’usage réel, pas la promesse affichée sur le papier.

Le trajet fait 15 km, avec une portion bien ouverte au mistral, et c’est là que tout se joue. Le matin, ça passe. Le retour, lui, peut te plier les jambes sans prévenir. J’ai été frappé par cette lassitude répétée, pas spectaculaire, juste assez lourde pour grignoter l’envie de repartir le lendemain. Je voulais un trajet fiable, pas une petite épreuve quotidienne.

J’ai d’abord regardé le vélo musculaire classique, puis le covoiturage, puis les transports en commun. Le vélo musculaire me tentait pour le geste, mais je savais que le vent me ferait payer chaque relance. Le covoiturage me paraissait trop dépendant des horaires des autres, et les correspondances locales ne collaient pas à mon rythme. En pratique, j’ai choisi le VAE pour garder une marge mentale, pas pour gagner une médaille.

Le jour où j’ai compris que le vélo électrique m’enlevait une angoisse sourde

Sur un matin de vent serré, j’ai pris la portion ouverte avec le vélo musculaire avant de passer au VAE quelques jours plus tard. Avec le musculaire, le vent s’engouffrait dans les bras et sur le visage, et j’avais cette sensation de brasser de l’air sans avancer vraiment. Je suis parti plus vite que je n’aurais dû, juste pour compenser, et j’ai senti les cuisses tirer au bout de quelques minutes. Depuis, je comprends mieux pourquoi ce retour contre le vent use plus qu’il ne paraît.

Le VAE m’a surpris dès les feux. L’assistance au couple a effacé la crispation du démarrage, celle qui me faisait forcer sur les premiers mètres. J’ai entendu un bruit discret du moteur, juste assez présent pour sentir la reprise, jamais envahissant. Je me suis retrouvé à repartir sans ce petit blocage dans les jambes qui casse le rythme.

C’est là que l’effet mental a basculé. Je ne passais plus ma matinée à anticiper la souffrance du retour. Je suis rentré moins tendu, et j’ai arrêté de calculer chaque rafale comme un obstacle. Après quelques trajets, j’ai même été convaincu que la liaison pouvait rester presque banale, ce qui m’a paru étrange au début. Un trajet connu par cœur devient vite pesant quand tu sais qu’il va t’user à chaque passage.

J’ai quand même eu un doute net un soir, sur le plat, quand l’assistance a coupé pile à 25 km/h. La transition est brutale. Le vélo devient lourd d’un coup, et j’ai senti la différence comme si quelqu’un m’avait retiré un appui invisible. J’étais resté sur une cadence trop vive, puis je me suis retrouvé à lutter contre le poids de la machine. Là, franchement, j’ai failli regretter mon choix pendant quelques centaines de mètres.

Ce qui marche bien et ce qui coince pour moi sur cette liaison

Ce que j’ai aimé, c’est la régularité. Je garde une allure stable, je transpire peu, et j’arrive encore disponible pour autre chose. Les relances après arrêt sont nettes, surtout aux carrefours. Sur les journées chargées, ce confort mental pèse plus que la sensation de performance. Les repères de l'Agence de la Transition Écologique (ADEME) sur les déplacements du quotidien vont dans le même sens que mon ressenti: je tiens mieux dans la durée quand le trajet reste simple et lisible.

Ce qui coince, je le vois dès que le vent se lève. L’autonomie descend plus vite que prévu quand je monte l’assistance d’un cran ou que je me prends la portion ouverte de face. Sur cette portion exposée au mistral, mes mains finissaient crispées, un signe que mon corps luttait plus qu’il ne pédalait. Avec le musculaire, j’avais aussi cette impression de moulinage inutile, comme si je pédalais fort sans vrai rendement. Le poids du VAE se sent aussi à l’arrêt, quand je dois le pousser, le garer ou le sortir d’un coin serré.

J’ai compris un autre piège après plusieurs allers-retours. Quand je voulais économiser la batterie en partant trop bas, je forçais davantage dans le vent. Résultat, je me crispais, puis je terminais plus fatigué que prévu. J’ai corrigé ça en augmentant le niveau d’assistance et en rechargeant plus plusieurs fois, quitte à perdre un peu de marge de batterie. Depuis, je préfère arriver avec de la réserve plutôt que jouer au malin.

Si tu es comme moi, ou pas, ce que je te conseillerais

Si ton trajet répète le même schéma, avec 15 km, du vent de face et des horaires serrés, je bascule clairement du côté du VAE. J’ai besoin de garder de l’énergie pour la suite de la journée, et pas seulement pour la selle. Si tu pars au travail, puis que tu enchaînes avec les enfants ou une autre activité, le VAE te laisse plus entier. C’est là que j’ai trouvé sa vraie place.

  • trajet quotidien de 15 km avec retour venté et besoin d’arriver présentable
  • parent de 2 enfants avec départ tôt le matin et peu de marge mentale
  • utilisateur qui accepte de recharger plus plusieurs fois et de rouler avec une batterie lourde
  • amateur de vélo musculaire qui cherche surtout un effort franc et régulier
  • personne qui alterne voiture, train ou vélo selon la météo

Si tu cherches un vrai effort sportif, je ne tournerais pas autour du pot: le vélo musculaire garde tout son intérêt. Sur une liaison plate comme Arles-Tarascon, il donne une sensation plus vivante quand le vent se calme. Moi, j’apprécie encore ce type de sortie un samedi matin, pas pour aller bosser. Quand je veux sentir la route dans les jambes, je le garde. Quand je veux préserver mon énergie, je prends le VAE.

Si ton budget reste serré, j’aurais du mal à te pousser vers un modèle lourd et trop cher. Je regarderais plutôt un vélo musculaire léger ou un mix selon la météo. J’ai aussi pensé au covoiturage et aux trajets locaux, puis j’ai laissé tomber parce que l’imprévu m’agace vite. Et pour un souci de batterie, de frein ou de réglage, je laisse la main à un vélociste, parce que là je ne joue pas au spécialiste.

Mon verdict : pour qui oui, pour qui non

POUR QUI OUI: je le recommande à quelqu’un qui fait le même trajet plusieurs fois par semaine, qui supporte mal le vent de face, et qui veut arriver sans jambes vides. Je le recommande aussi à un parent qui doit enchaîner 2 allers-retours dans la journée, ou à une personne qui roule sur 15 km sans envie de finir trempée. Je le garde enfin pour ceux qui acceptent de recharger plus plusieurs fois et de vivre avec un vélo plus lourd. Sur Arles-Tarascon, c’est là que le VAE prend tout son sens.

POUR QUI NON: je le déconseille à celui qui cherche avant tout le plaisir brut de l’effort, surtout sur 30 ou 40 minutes de pédalage réel. Je le déconseille aussi à la personne qui déteste le poids à la main, parce qu’un VAE fatigué devient vite pénible à pousser ou à ranger. Enfin, je ne le vois pas pour quelqu’un qui veut garder une machine très légère et qui roule seulement quand la météo est calme. Dans ces cas-là, le musculaire me paraît plus honnête.

Mon verdict: je choisis le vélo électrique sur Arles-Tarascon parce qu’il m’évite la fatigue excessive, le stress du retour et les jambes coupées par le mistral. Pour quelqu’un qui accepte de recharger plus plusieurs fois et de composer avec un vélo plus lourd, c’est le bon choix. Pour moi, c'est oui à cause de cette tranquillité concrète, et parce qu’à la fin de la journée je rentre encore capable de faire autre chose que souffler.

Matthieu Vallée

Matthieu Vallée publie sur le magazine Pays d'Arles en Transition des contenus consacrés à la transition écologique locale, aux initiatives durables et aux repères concrets pour mieux comprendre les évolutions du territoire. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et une lecture accessible des sujets écologiques.

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