Le premier lundi, la porte du garage a claqué et la pluie a frappé le pare-brise déjà immobile. Depuis du côté d'Angers, je suis parti 31 jours en Pays d'Arles pour tester un mois sans voiture. J'ai fait ce test avec ma compagne, nos deux enfants de 7 et 10 ans, et l'école Victor-Hugo à Arles. En tant que Rédacteur indépendant spécialisé en transition écologique pour médias locaux, j'ai voulu voir si ce quotidien tenait vraiment sans volant. Mon Master en Sciences de l'Environnement (Université d'Angers, 2008) m'a appris à compter les minutes avant de raconter une idée.
Comment j’ai organisé ce test sans voiture avec mes enfants au quotidien
Pendant 31 jours, j'ai gardé trois créneaux fixes, l'école à 8h15, mon travail à distance avant midi, puis le retour vers 17h40. J'ai noté la météo chaque matin, parce qu'à Arles le vent, la chaleur et la pluie ne poussent pas les mêmes choix. J'avais aussi une contrainte simple, mais pénible, mes enfants n'avaient pas les mêmes horaires de sortie, et je devais les gérer sans improviser à la dernière minute. Après 12 ans de travail de Rédacteur indépendant spécialisé en transition écologique pour médias locaux, je sais que ce sont ces détails-là qui font tomber un test.
J'ai utilisé la ligne 1 le matin, puis la ligne 2 pour rejoindre la gare routière, avec une attente moyenne de 24 minutes. Deux jours par semaine, j'ai pris mon vélo électrique sur 6,4 kilomètres, avec les sacoches pleines et un coupe-vent plié dans le panier. J'ai marché pour les petits trajets entre l'arrêt et l'école, ce qui m'a obligé à prévoir 8 minutes de marge. Le soir, j'ai par moments enchaîné bus et marche, parce que le dernier retour ne tombait pas pile sur l'heure des activités.
Je voulais mesurer trois choses, le temps, la fatigue et le coût. J'ai noté chaque trajet sur un carnet à spirale, avec l'heure de départ, l'heure d'arrivée et l'état des enfants. J'ai aussi gardé le ressenti du matin, parce que mon aîné me parle plus franchement quand il manque de sommeil. Sur 26 trajets suivis, j'ai comparé la version voiture à la version bus ou vélo, sans tricher sur les jours faciles.
Avant le test, la voiture me prenait 14 minutes pour l'école et 19 minutes pour mon trajet de travail local. Sans voiture, j'ai vu la moyenne grimper à 29 minutes avec le bus et la marche, puis redescendre à 23 minutes quand le vélo électrique sortait. J'ai été frappé par un détail que je n'avais pas assez pesé, le temps d'attente comptait plus que la distance elle-même. C'est là que j'ai commencé à comprendre que le vrai sujet n'était pas la route, mais le rythme.
Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas comme prévu
Ce mardi pluvieux, le bus est arrivé avec 20 minutes de retard, et mes enfants, trempés, ont failli rater leur cours de sport. J'ai vu mes deux sacs de sport glisser sur le trottoir, pendant que le vent collait les capuches aux joues. J'ai fini par rentrer dans l'entrée de l'école avec un mélange de honte et de fatigue, parce que j'avais juré la veille que tout irait mieux. Pas terrible, vraiment pas terrible.
J'avais gardé les horaires d'été dans mon téléphone, et j'ai perdu 11 minutes dès le premier changement de quai. J'avais aussi sous-estimé la place prise par les sacs scolaires, le goûter, les chaussures mouillées et le cahier de liaison. J'ai compris trop tard que mon vélo électrique devait rester chargé la veille, sinon le trajet du matin basculait en marche forcée. J'avais laissé cette vérification pour le soir, et ça m'a servi de leçon.
J'ai été frappé par la faiblesse des retours après 18h10, car la correspondance suivante me laissait par moments 47 minutes d'écart. J'ai aussi constaté que certaines zones périphériques restaient mal reliées, surtout quand j'avais un rendez-vous en fin d'après-midi vers Saint-Martin-de-Crau. Le judo, le foot et le cours de piano n'entraient pas toujours dans les mêmes cases que le réseau, et j'ai dû renoncer à deux sorties. Là, je me suis retrouvé avec une famille qui attendait plus longtemps que le bus lui-même.
J'ai relu ensuite les repères de l'Agence de la Transition Écologique (ADEME) sur les trajets courts et la marche, puis ceux du Ministère de la Transition Écologique sur la sobriété des déplacements quotidiens. Dans mon test, ces repères m'ont surtout servi de cadre pour comparer mes trajets, pas pour peindre le réseau en modèle. Pour le stress des enfants, je n'ai pas joué au spécialiste, et si cette fatigue s'était installée, j'aurais demandé l'avis d'un pédiatre.
Trois semaines plus tard, la surprise d’une nouvelle routine qui s’installe
Après 21 jours, j’ai mesuré que nous passions en moyenne 15 minutes supplémentaires par trajet, mais sans le stress de la circulation. J'ai déplacé le départ du matin de 12 minutes, et j'ai préparé les sacs la veille sur la table de la cuisine. J'ai aussi gardé les gilets de pluie près de la porte, ce qui m'a évité trois fouilles nerveuses dans l'entrée. Le vélo électrique a fini par sortir quatre fois par semaine, dès que l'itinéraire restait sous les 7 kilomètres.
Je me suis retrouvé moins tendu au volant, parce qu'il n'y avait plus d'embouteillage à avaler ni de stationnement à tourner. Mes enfants ont commencé à parler du trajet comme d'un morceau de journée, pas comme d'une punition, et ça m'a surpris. J'ai marché 4,8 kilomètres certains jours, et mes jambes l'ont senti dès la deuxième semaine. En tant que Rédacteur indépendant spécialisé en transition écologique pour médias locaux, j'ai vu que le temps partagé dans le bus valait mieux qu'un silence crispé dans la voiture.
J'ai rassemblé mes chiffres le soir du 24e jour, quand le carnet était déjà taché de café. J'ai comparé la version voiture, la version bus et la version vélo, puis j'ai retenu les écarts les plus nets. Le transport collectif m'a coûté 64 euros sur le mois, contre 141 euros pour mes pleins et mes stationnements habituels. Pour l'entretien, je n'ai pas sorti un calcul de comptable, mais j'ai noté qu'aucun trajet moteur supplémentaire n'avait été ajouté.
| trajet | moyenne avec voiture | moyenne sans voiture | ce que j'ai noté |
|---|---|---|---|
| maison – école Victor-Hugo | 14 min | 29 min | bus + 8 min à pied |
| maison – travail local | 19 min | 23 min | vélo électrique |
| mois complet | 141 euros | 64 euros | 77 euros d'écart |
Mes 12 années de rédaction m'ont appris à me méfier des récits trop lisses, et ce test n'en mérite pas un. J'ai eu des jours propres, avec une correspondance à l'heure, et des jours cassés, avec un sac humide et un enfant grognon. Mon travail de Rédacteur indépendant spécialisé en transition écologique pour médias locaux m'a appris qu'un test local tient sur des détails minuscules. Je suis rentré plus tard quatre fois, mais je suis aussi rentré plus calme les soirs où le vélo a pris le relais.
Mon verdict sur ce que ça change vraiment pour une famille dans le pays d’arles
Quand la ligne 1 passait à l'heure et que le vélo électrique partait chargé, j'ai trouvé le système jouable pour des trajets courts. La motivation familiale comptait aussi, parce que mes deux enfants jouaient le jeu tant que je gardais les mêmes repères le matin. J'ai aimé les jours où l'école, l'arrêt de bus et la maison tenaient dans un triangle simple, sans détour inutile. Dans ce cadre, la voiture n'a pas disparu de ma tête, mais elle a perdu sa place centrale.
Quand la pluie s'est mise à battre et que le vent a forcé les capuches, j'ai senti la limite arriver vite. Les activités extrascolaires loin de la maison ont cassé le rythme, et je n'ai pas trouvé de solution propre pour ces soirs-là. J'ai gardé en tête les repères du Ministère de la Transition Écologique sur les trajets courts, mais mon test montre aussi qu'une famille ne décide pas qu'avec des principes. Si un enfant garde une fatigue qui s'installe, j'ai pris l'habitude de passer par un pédiatre, parce que je n'ai pas la main pour ce registre.
Ce test me semble tenir pour une famille urbaine ou semi-rurale qui accepte de caler son agenda sur un réseau imparfait. J'ai aussi regardé le covoiturage et l'auto-partage autour d'Arles, mais je ne les ai pas testés sur un mois complet. Pour une semaine chargée de sport, de pluie et de rendez-vous décalés, la voiture garde un poids que je n'ai pas pu balayer. Pour des trajets courts, répétés, et une famille prête à anticiper, j'ai été convaincu que le mois sans voiture peut marcher près de la gare d'Arles.


